Fédération de Saône-et-Loire du Parti Radical de Gauche

Plusieurs élus de gauche ont accusé mardi Nicolas Sarkozy de remettre en cause la décentralisation avec son projet de réforme des collectivités territoriales, estimant qu'il s'agit d'une attaque contre les Français.

"Une fois de plus, par dogmatisme, le président de la République stigmatise les collectivités locales et remet en cause les principes de la décentralisation", dénonce dans un communiqué le sénateur-maire PS de Dijon, François Rebsamen. Selon lui, ce projet réduit "les politiques de proximité menées par les élus locaux, au plus près des besoins des Français touchés par la crise".


Et d'estimer que le projet "est un signe supplémentaire de la dérive du quinquennat". Le chef de l'Etat "ne supporte pas l'existence de contre-pouvoirs locaux et veut donc démanteler la décentralisation pour tenter de mettre la main sur les collectivités territoriales. Il nous faut donc combattre ce projet de loi".


Pour la députée PS Marie-Françoise Pérol-Dumont, présidente du conseil général de la Haute-Vienne et vice-présidente de l'Association des départements de France, "les Français seront les grands perdants de la réforme territoriale". Pour elle, c'est "une attaque sans précédent contre la décentralisation, contre la démocratie locale, et dont les premières victimes seront les Français eux-mêmes".


Avec la réforme de la taxe professionnelle, les départements vont devoir se recentrer sur leurs "compétences essentielles (social, routes, collèges) au détriment des politiques volontaristes de soutien aux territoires ruraux et de solidarité", note-t-elle. "Ce sera donc moins de proximité, moins d'infrastructures et d'équipements locaux, moins de services rendus au public".


Le président du Parti Radical de Gauche (PRG) Jean-Michel Baylet estime pour sa part que cette réforme "n'a aucun sens", la jugeant "anachronique et néfaste". "Alors que tous nos voisins européens avancent chaque jour vers une organisation institutionnelle plus décentralisée, le pouvoir se lance dans une opération de recentralisation et de reprise en main des collectivités locales sans précédents", observe-t-il promettant de ne pas "passer le cou dans le noeud coulant de cette réforme en silence".


Le mode de scrutin, uninominal à un tour avec une dose de proportionnelle, est également critiqué. L'eurodéputé Jean-Luc Mélenchon, président du Parti de gauche, dénonce un "coup de force". "Pour la première fois depuis 1789, il y aura en France des personnes élues sans avoir jamais été majoritaires dans un vote", dénonce-t-il dans un communiqué. "Inspiré du modèle anglo-saxon, ce système permet de réserver aux uns le pouvoir, tandis que les autres sont cantonnés à jouer des rôles de figuration pour cautionner le système". AP


Source : nouvelobs.com

Mar 20 oct 2009 Aucun commentaire