Partager l'article ! « Notre responsabilité ? Il faut gagner » selon Patrick Molinoz, Pdt du PRG 21, Maire et Conseiller Général de Venarey-Les-Laumes: En quoi c ...
En quoi cette réforme est-elle une menace ?
Ce n'est pas une double, mais une triple peine. C'est
d'abord une recentralisation complètement à contre-courant de
l'histoire. Alors que la plupart des pays européens
accélèrent la décentralisation, nos collectivités, dans leur
ensemble, seront étranglées financièrement, se retrouvant sous
la tutelle de l'État. Deuxièmement, la réforme qui crée les
conseillers territoriaux, met fin en partie à la proximité.
Certes, pas partout. puisque la Côte-d'Or, par exemple, passer de
43 à 41 élus. Ce ne sera pas un bouleversement
N'est-ce pas justement une victoire des conseils généraux ?
Non, car ce n'est pas vrai pour l'ensemble des
départements. Par endroits, le nombre de conseillers territoriaux
sera inférieur d'un tiers, voire plus, au nombre actuel de
conseillers généraux. De plus, le fait d'avoir le nombre de
conseillers ne dit pas comment ils seront répartis. Sur la 4 e
circonscription par exemple, où il y a 17 conseillers généraux,
si nous arrivons à 8, c'est tout de même une division par deux
alors que c'est la circonscription la plus rurale ! Le chiffre 41 ne
garantit pas demain une bonne représentativité des territoires
ruraux.
Et la troisième peine ?
Elle est financière. Contrairement à ce que l'on nous
annonce, et qui était la principale raison de cette réforme, nous
n'allons faire aucune économie. Bien au contraire ! Si les
conseillers territoriaux seront 40 % de moins que le total des
conseillers généraux et régionaux actuels, les indemnités
qui leur seront versées seront augmentées assez significativement.
Ensuite, quand vous passez une assemblée de 57 à 135 élus comme
en Bourgogne, c'est énorme. Midi-Pyrénées va compter, par
exemple, 255 élus contre une centaine aujourd'hui. Cela veut dire
que les locaux, les hémicycles, les salles de réunions ne sont pas
prévus. Il va falloir investir pour faire fonctionner les nouvelles
institutions. (
) On veut nous présenter cela comme une
réforme technique, mais c'est une vraie révolution politique.
Avant 2014, il y a les cantonales. Comment se déroulent les
discussions entre les parte naires de gauche ?
Au sein du groupe (départemental), elles se passent très
bien. Entre partis politiques, elles n'ont pas encore débuté.
Les cantonales sont une élection très particulière, la
dimension partisane y est moins importante que pour les régionales
par exemple.
Quel est votre calendrier ?
Nous nous réunissons très régulièrement pour établir
un programme départemental qui pourra se décliner dans chaque
canton. Nous travaillons avec les candidats déjà identifiés,
ceux qui se représentent. Après, concernant les annonces de
candidatures
rien n'est arrêté. En fait, je dirais que
chaque canton a son calendrier. Il va encore se passer beaucoup de
choses d'ici la fin de l'année. Le 26 juin, nous devrions
organiser une grande journée républicaine autour de la défense
des collectivités et exprimer le lien qu'il y a entre elles et
les citoyens. Les associations d'élus de gauche lanceront à
l'automne les États généraux des collectivités locales,
qui devraient se décliner au niveau départemental. (
)
Qu'est-ce qui ferait passer le conseil général cette fois-ci ?
Il y a eu des erreurs commises lors des dernières cantonales
qu'il ne faut pas reproduire. Il faut que nous soyons vraiment dans
une dynamique d'union. Et nous pouvons gagner. Je le sens. Nous
portons même une responsabilité par rapport aux
Côte-d'Oriens. Depuis 1982, ce département est géré de
manière conservatrice et de la pire des manières qui soient depuis
2 ans. Sans mélanger les élections, le résultat des
régionales est un signe très fort, marquant une volonté de
changement de nos concitoyens. La politique de l'actuel conseil
général en direction des aînés, du monde associatif, de
l'éducation populaire, du monde des PME, de l'artisanat, est
délétère. Il faut arrêter de raconter des histoires aux
Côte-d'Oriens comme si la réforme fiscale n'avait pas
d'incidences : le conseil général est au bord du gouffre
financier. Tout ceci doit changer
.
Interview du Bien Public en date du
06/06/10.