


Intervention de Claudette Brunet-Lechenault,
Vice-présidente du Conseil Général : demande de subvention pour le Congrès de la Ligue des Droits de l'Homme qui aura lieu en mai en Saône-et-Loire.
"Cette demande me semble symbolique dans la période que nous traversons.
Le constat que la Ligue des Droits de l’Homme publie ce matin dans la presse, est à la fois le reflet de l’inquiétude et celui du réveil civique, et c’est à ce titre qu’il est intéressant.
Il pointe les dérives de notre société, certaines tentatives de mise en cause de notre liberté : que ce soient le projet de fichier Edvige (avorté), les gardes à vue nombreuses, l’utilisation perverse des nouvelles technologies pour la surveillance sous couvert de sécurité, tout ceci nous amène à beaucoup de vigilance civique par rapport à une dérive sécuritaire larvée qui ne dit pas son nom.
J’ajouterai le projet de loi envisagé sur les bandes organisées, qui, si l’on n’y prend garde, peut conduire aussi à des excès sécuritaires. Je veux rappeler aussi un rapport récent sur les prisons et celui d’Amnesty International, qui pointe du doigt certaines violences policières.
La prise de position de Jean-Pierre Dubois, Président de la Ligue des Droits de l’Homme, est responsable et c’est en ce sens qu’elle mérite d’être entendue : s’il fait part de ses inquiétudes, il fait aussi confiance à notre capacité collective à résister, et en appelle au réveil civique.
Certains pourraient penser que le rôle d’un Conseil général est plutôt de s’occuper de l’APA, des écoles, des routes. Oui, bien sûr, mais pas seulement. Il n’y a pas d’un côté ceux qui, là haut, pensent et philosophent pour nous et décident pour nous (en nous donnant bonne conscience) et ceux qui, ici devraient se cantonner à leurs cantons.
A quel que niveau que ce soit les élus sont des acteurs de la vie civique et à ce titre, je souhaite vivement que nous soyons tous aux côtés de la Ligue des Droits de l’Homme, afin de montrer que nous sommes solidaires de son pouvoir d’alerte".