Si elle l’emporte en 2012, la gauche devra engager plusieurs réformes institutionnelles. Pour moderniser un système devenu archaïque. Pour passer d’une conception moniste de l’Etat, héritée du principat gaullien, à une vision pluraliste. Bref, pour remplacer la monarchie présidentielle par une démocratie plurielle.
Certes, il est légitime que le chef de l’Etat, élu au suffrage universel, soit le premier dans la République. Mais sans concentrer toute l’autorité de l’Etat. Mais sans verser dans une omnipotence qui s’avérerait dysfonctionnelle. A l’évidence, les autres pouvoirs ou "contre-pouvoirs" doivent exercer eux aussi une influence réelle. En pouvant agir avec autonomie. Donc avec efficacité. Dans un régime d’équilibre.
Naguère tribune de la démocratie, l’Assemblée nationale est presque devenue la chambre d’écho du gouvernement. La majorité l’y soutient avec docilité, avec discipline. Sachant qu’aux prochaines élections, elle sera jugée sur le bilan du ministère formé en son sein. Dans l’hémicycle, les députés de la majorité se gardent donc de formuler des critiques qui pourraient compromettre son image et, par conséquent, leur propre réélection. Compter sur ceux-ci pour animer le débat parlementaire, ce serait compter sur des trappistes pour organiser un tumulte.
En revanche, l’Assemblée retrouverait davantage d’indépendance et de vigueur si l’opposition pouvait y agir plus librement. Seule celle-ci ayant intérêt à contester l’exécutif et à la contrôler activement. En vue de convaincre l’opinion de la nécessité d’une alternance. Pour redynamiser l’Assemblée, il faut donc établir un statut parlementaire de l’opposition qui, comme en Grande-Bretagne, garantisse ses droits et lui assure ses propres facultés d’action et d’expression.
A cet égard, certains progrès ont été apportés par la révision constitutionnelle de 2008 et le nouveau règlement de l’Assemblée nationale de 2009. Comme l’attribution de la moitié des questions aux députés de l’opposition ou un meilleur accès de celle-ci à l’ordre du jour. Mais beaucoup reste à faire, notamment dans les commissions. En s’inspirant par exemple du Bundestag. Partage des présidences de commission permanente à la proportionnelle des groupes, alors qu’au Palais-Bourbon une seule sur huit est présidée par un élu de l’opposition. Obligation de former une commission d’enquête quand sa création est demandée par un quart des députés, ce qui permet à la minorité de déclencher des investigations sans que la majorité puisse y faire obstacle comme à l’Assemblée nationale.
De même, il faudra renforcer l’autorité judiciaire et son indépendanc
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